Le défilé
Un tas de filles superbes remplissent mon appartement : aucune n’est pareille mais elles ressemblent toutes à ma voisine Andrea, objet de mes fantasmes.
Longilignes, les cheveux châtain clair, une petite figure aux traits délicats et un nez retroussé. Elles sont assises sur mes fauteuils, mes chaises, mais aussi sur la table de la cuisine, accoudées au balcon et aux fenêtres, en train de lire dans ma chambre, debout dans le couloir, il y en a partout, même dans la salle de bain.
Je suis fou de joie, je ne sais pas par où commencer, à laquelle m’adresser et je cherche ma voisine en vain. D’ailleurs aucune ne me parle vraiment, elles se contentent de me regarder gentiment, les yeux dans le vague et un sourire indéfinissable, exactement comme Andrea.
A part ça je suis content et je pense appeler des copains parce qu’elles sont vraiment trop nombreuses.
Quand soudain elle semblent s’étioler et s’affaissent lentement sur elles-mêmes, le visage tourné vers le sol. Elles agonisent toutes en même temps, sans bruit, dans des sursauts de corps, des tremblements de mains.
Certaines on déjà cesser de respirer, d’autres exhalent à peine un souffle, les yeux chavirés et toujours en silence.
Des liquides coulent de leurs bouches et de leurs cadavres, impossible de circuler dans l’appartement sans enjamber une fille morte.
Cela promet de puer très rapidement et de devenir invivable mais je ne peux me résoudre à les bouger, à les sortir de l’appartement ou à quitter moi-même l’appartement.
Même mortes, allongées sur le ventre, elles sont belles et longilignes.

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